Les tortues ne meurent pas de vieillesse

DOCUMENTAIRE | LONG-MÉTRAGE | 2010

Un regard sur une génération qui disparaît, ce film nous fait partager la vie de trois vieux hommes dans la région du nord du Maroc.

Âgés d'autour de quatre-vingts ans, Chehma, un ancien maître pêcheur, Erradi, un aubergiste solitaire et Abdesslam, un musicien ambulant, qui travaillent toujours pour gagner leur vie.

Les tortues ne meurent pas de vieillesse nous plonge dans les univers riches et colorés de ces vieux, à la fois tristes et heureux. Le film illustre leur volonté de vivre, leur vision face à la mort qui approche et leur courage à travailler sans relâche... malgré leur âge.

  • Long métrage documentaire, 92 minutes, 2010, Maroc, Québec

    Version originale arabe et français, sous-titres français ou anglais

    Scénario et réalisation : Hind Benchekroun et Sami Mermer
    Image : Sami Mermer
    Montage : René Roberge
    Montage son : Claude Beaugrand
    Production : Les films de la tortue
    Productrice associée : Patricia Bergeron
    Distribution : Les Films du 3 mars

    Partenaires financiers : Office national du film du Canada (ONF), Aide au cinéma indépendant (ACIC), Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ)

  • Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM), 2011

    Festival International du Cinéma Méditerranéen de Tétouan, 2011

    Cinémed Montpellier, 2011

    Cinéalma Nice, 2011

    Dok Fest Munich, 2011

    Festival Vues d’Afrique, 2011

    Festival du film de Dubai, 2011

    Rendez vous du cinéma québécois, 2012

    Maghreb des films à l’Institut du Monde Arabe, Paris, 2012

    Black Movie Genève, 2012

    Festival du film de l’Outaouais, 2012

    Festival du film d’auteur de Rabat, 2012

    Ciné invisible, Bilbao, KCD-ONG, 2013

    Cairo International Women’s Film Festival, 2013

    Arab Film Festival, San Francisco Bay, 2013

    Kankan Média, Shangai, 2012

    Ayam Beirut Al Cinema'iya, Beirut, 2013

    Aji Tferraj Flbattoir, Casablanca, 2013

    Journée du film francophone, Roumanie, 2013

    Ciné invisible, Oaxaca, Mexique, 2013

  • Grand prix documentaire au Festival International du Cinéma Méditerranéen de Tétouan 2011

    Nominé aux Jutra 2012

    Mention spéciale aux Rendez-vous du cinéma québécois 2012

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rencontreR les 3 personnages du film

Les propos de Chehma, Erradi et Abdesslam dépassent le cadre géographique du Maroc et nous transportent dans l’universalité d’une réflexion sur la vie, la vieillesse et la mort.

CHEHMA, LE PÊCHEUR

« Entrer à la mer, c’est mourir, en sortir c’est renaître. »

  • Chehma a 75 ans. C’est un maître-pêcheur, fils et petit fils de pêcheur. Il a appris le métier à

    l’âge de 10 ans dans les années quarante à l’époque où les Espagnols colonisaient encore cette

    magnifique plage sauvage qui porte le nom de Dalia et qui se situe à quatorze kilomètres, face

    à l’Europe. Malgré son âge, Chehma est obligé de travailler car il n’a pas de fils qui peut l’aider

    ni de retraite. C’est le dernier pêcheur qui exerce la pêche traditionnelle au filet avec sa vieille

    barque Khayata. Malheureusement, Chehma n’est plus aussi fort qu’avant. Le soleil et le vent

    l’atteignent facilement et il tombe malade souvent après ces sorties de filet.

    Quand il ne pêche pas, Chehma s’occupe de son amour, Khayata. Posée en retrait des autres

    barques, et percée par le sel, le soleil et le sable, il fait tout ce qu’il peut pour tenter de faire

    prolonger sa vie même s’il sait qu’elle n’en a plus pour longtemps.

    «Quand je vais mourir, Khayata aussi va mourir, il ne lui reste plus qu’un an.»

    L’histoire de Chehma, c’est l’histoire du vieil homme et sa vieille barque qui survivent dans une époque où le poisson est de moins en moins abondant.

ERRADI, L’AUBERGISTE

« La solitude, c’est comme une montagne haute, qui cache derrière elle un homme dont on croit que le cœur est vide. »

  • Nous quittons la mer et l’espace ouvert de Chehma pour se retrouver en huit clos avec Erradi qui vit dans une très jolie ville qui porte le nom de Assilah, située sur le bord de l’Océan Atlantique, pas loin de Tanger.

    Erradi est un aubergiste. Il a un bâtiment de quatre étages qu’il loue à des touristes. Il vit des revenus de cette auberge ainsi que d’une petite retraite de son ancien travail au chemin de fer. Erradi est dépassé par les travaux que nécessitent les appartements qu’il met en location. Il n’a plus la force ni l’énergie de sa jeunesse. Il est en colère contre sa vieillesse qu’il a dû mal à accepter.

    Erradi est un personnage intriguant et insolite. Contrairement à la plupart des vieux au Maroc, il vit seul. Il a choisi la solitude par amour de liberté mais aussi à cause de son caractère difficile.

    Avec Erradi, on plonge au cœur de la vieillesse, dans l’intimité et dans la solitude d’un vieil homme capricieux, drôle, captivant et touchant à la fois.

ABDESSLAM, LE MUSICIEN

« La vie n’est rien, nous ne sommes que des êtres de passage. »

  • Abdesslam, 76 ans, vit dans un petit village niché dans les montagnes du Rif. C’est l’un des plus vieux artistes nomades qui restent dans la région du Nord. Musicien ambulant, il joue la flûte et le bendir avec le souffle et l’énergie d’un jeune de 18 ans. Il est marié avec Aicha, avec qui il a eu vingt enfants dont sept sont décédés. Depuis toujours, Abdesslam est le seul qui fait nourrir toute sa famille. Pour gagner sa vie et subvenir à leurs besoins, il part chaque semaine jouer de la musique à Chefchaouen, la ville bleue située sur une montagne. Il y passe quelques nuits puis il revient à la maison avec des provisions, le jour du souk hebdomadaire.

    Le plus grand souhait de Abdesslam est de marier son fils, Mustafa, avant de mourir. Il prévoyait de le marier cet été et il devait mettre toutes ces économies dans ce mariage malheureusement, Mustafa a disparu. À cause de l’interdiction de la culture de la drogue dans la région, il a dû partir, avec d’autres jeunes de son village, pour chercher un avenir meilleur sous un ciel plus prospère.

    Malgré sa situation précaire, Abdesslam est un être d’une grande générosité et joie de vivre qui lui permet de traverser ses difficultés dans la vie.

« Un film aux images et aux couleurs purement superbes […] À voir pour tous les cinéphiles en quête d’expériences cinématographiques intimes, pour tous ceux qui sont sensibles à un cinéma d’auteur intelligent et poétique. »

MATHIEU BÉDARD, RENCONTRES INTERNATIONALES DU DOCUMENTAIRE DE MONTRÉAL

  • « À travers le désir de transmission de Chehma, Abdesslam et Erradi, c’est toute la mémoire d’un peuple et de sa terre qui embrasse la vie et défie le temps. »

    GÉRARD GRUGEAU, REVUE 24 IMAGES

  • « Cette œuvre, dont la beauté est accentuée par des paysages ponctués de couleurs vives, révèle ainsi la complexité de ces hommes, et devient une mémoire artistique de ces modes de vie et de ces savoirs repoussés dans la marge, par une modernité globalisante et globalisée. »

  • « L’approche retenue par les auteurs est de ne rien forcer. Pas de voix hors champ, pas d’entrevues en tête-à-tête avec les protagonistes. Posant souvent leur caméra, ils les laissent parler. De leur vie, de leur travail. De leurs petites joies et de leurs grandes peines. […] Ils ont simplement exercé, à leur façon, un travail d’archiviste. Un beau travail, d’ailleurs. Beaucoup de poésie, beaucoup de chaleur dans la lumière. »

  • « Les documentaristes rythment leur film en harmonie avec les mouvements des vagues qui viennent mourir sur le sable des plages environnantes. Il est question de contemplation et de transmission par la fascination du réel. Le documentaire livre au téléspectateur une série de portraits de tortues pas encore tout à fait échouées… »

  • « Comment garder en vie la mémoire et les souvenirs des aînés de pays en voie de développement ? En les filmant de manière empathique semblent répondre Hind Benchekroun et Sami Mermer dans Les tortues ne meurent pas de vieillesse. »

    LUC CHAPUT, SÉQUENCES — LA REVUE DE CINÉMA

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